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Une nouvelle start-up récolte les fruits d'un langage né à l'EPFL

© Flickr / formalfallacy / Creative Commons

17.05.11 - Grâce à une levée de fonds de 3 millions de dollars, Martin Odersky vient de créer Typesafe, une société qui permettra à son langage de programmation Scala, alternative prometteuse de Java, de s’imposer sur le Net.

Parlez-vous Scala ? A cette question, de nombreux géants du Web répondent désormais par l’affirmative. Twitter, Foursquare, LinkedIn ou le site internet du journal britannique Guardian (guardian.co.uk) ont adopté le langage de programmation développé à l’EPFL par Martin Odersky, professeur à la section d’informatique de l’école.

La semaine passée, son créateur annonçait le lancement d’une nouvelle société installée au Parc scientifique d’Ecublens: Typesafe, qui vient d’obtenir 3 millions de dollars, et dont l’offre sera en mesure de donner un coup d’accélérateur radical au langage Scala. L’investisseur principal de ce tour de financement, Greylock, basé a Boston et dans la Silicon Valley, n’est d’ailleurs pas n’importe qui : il a par exemple soutenu Facebook au moment où le réseau social s’ouvrait au grand public. De même qu’il a investi dans LinkedIn, dès 2004.

Scala tend de plus en plus à devenir un incontournable pour les programmeurs, en particulier pour des applications internet. La raison ? «Ce langage est concis, il permet de réduire en moyenne de moitié le nombre de lignes de codes», commence par expliquer Martin Odersky. En outre, étant très proche de Java et parfaitement compatible, il est très facile à adopter pour les programmeurs qui manient ce langage, devenu un véritable standard sur internet. Enfin, il est open-source, ce qui signifie que les contributeurs qui participent à son développement se comptent par centaines, aux quatre coins du monde – même si l’EPFL reste le détenteur du copyright.

Tirer parti de la multiplication des «cœurs»
L’une des forces de Scala est de combiner deux approches qui ont cours dans le monde de la programmation: celle «orientée objet» – qui a toujours eu jusqu’à présent les faveurs de l’industrie – et la «programmation fonctionnelle», plutôt réservée au monde académique. Or cette dernière est particulièrement efficace pour distribuer le travail à plusieurs processeurs qui travaillent simultanément. «Aujourd’hui, les progrès de l’informatique se traduisent par la multiplication du nombre de «cœurs» des processeurs, et non plus par l’augmentation de leur rapidité, explique le professeur. Concevoir les logiciels pour qu’ils en tiennent compte est une évolution naturelle de la programmation.» Mieux, cette approche se prête aussi parfaitement à l’informatique distribuée, ou cloud computing, qui s’impose de plus en plus auprès des grandes sociétés actives sur internet. C’est du reste de cette approche visant à distribuer le travail à de nombreux processeurs, appelée scaling en anglais, que Scala tire son nom.

Avec sa nouvelle société, Martin Odersky pave la route du futur de l’informatique. Typesafe offre gratuitement au téléchargement un paquet logiciel comprenant Scala, un logiciel de développement, ainsi que la plate-forme Akka, créée en Suède et dont l’inventeur, Jonas Bonér, est aussi cofondateur de Typesafe. Complémentaire de Scala, Akka est un «middleware» essentiellement destiné à la répartition du travail dans les grands centres de calcul.

En parallèle, Typesafe met en place un service de support technique pour ses clients. «D’une quinzaine de personnes aujourd’hui, notre team va passer à vingt-cinq d’ici la fin de l’année», reprend Martin Odersky. Ces collaborateurs sont pour la plupart des développeurs, installés entre le Parc scientifique de l’EPFL, Cambridge, Boston – où la société a son siège – et Uppsala. Dans un peu plus de deux semaines, Typesafe sera sous les feux de la rampe lors de la deuxième édition des «Scala days», une rencontre de programmateurs dont la première occurrence, l’an dernier à l’EPFL, avait attiré de nombreux spécialistes.

Typesafe pourrait ainsi bien servir d’accélérateur pour l’essor du langage Scala. Sourire en coin, Martin Odersky lâche que de «très gros acteurs» du domaine ne vont pas tarder à s’y lancer. Pour en connaître les noms, il faudra encore faire preuve de patience…

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